MORT SUR LE NIL (2021) – Critique

MORT SUR LE NIL (2021) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur MORT SUR LE NIL

Avant-Propos :

L’auteur de ces lignes a lu le livre d’Agatha Christie « Mort sur le Nil » comme il avait lu « Le Crime de l’Orient Express » avant d’aller voir son adaptation au cinéma, adaptation réussie de son point de vue.

Cette critique est garantie sans spoiler.

Mort sur le Nil, la critique :

Après une adaptation très esthétique et très réussie du « Crime de l’Orient Express », l’adaptation de « Mort sur le Nil » était très attendue. Et contrairement aux œuvres d’Agatha Christie, il n’est pas ici utile de faire durer le suspense, si vous avez apprécié la première adaptation de Kenneth Branagh, vous allez adorer cette suite.

Une réalisation toujours aussi envoutante :

Comme pour « Le crime de l’Orient Express », « Mort sur le Nil » amène notre cher Hercule Poirot dans un décor atypique et varié tout en ayant une grande partie de son intrigue à huit clos.

Le vrai tour de force du réalisateur est qu’Il arrive à nous donner un sentiment de grandeur et de liberté en début de partie en filmant une Egypte grandiose puis transforme son décor et le Nil lui-même en prison dangereuse quand un drame se produit.

Il faut aussi souligner la force de la réalisation lors des flashbacks nous en apprenant plus sur le passé du protagoniste principal et sur l’impact qu’a eu sa carrière militaire dans son développement.

Nous avons donc presque trois films en un : un film de guerre, un film d’aventure et une enquête en huit clos. Pourtant la « patte » du réalisateur permet de jongler avec les genres de façon très fluide et de rendre l’œuvre totalement cohérente, comme l’est le récit.

Un récit efficace et innovant :

Les puristes risquent d’hurler mais oui Kenneth Branagh (HAMLET, HENRY V, THOR) et le scénariste Michael Green (BLADE RUNNER 2049, LOGAN) ont modifié à la fois l’histoire du personnage principal et certains points de l’intrigue du roman mais le fond est toujours là et finalement cette adaptation rend le récit encore plus fort.

Aucun spoiler ne sera donné dans cette critique donc le scénario ne sera pas résumé ici mais pour ceux qui ont apprécié le livre, vous y retrouverez tous les moments importants et surtout la conclusion magistrale et ici très graphique de l’enquête.

Nous avons donc au final un récit respecté et même sublimé.

Un casting parfait :

Il n’est point besoin de revenir ici sur la prestation de Kenneth Branagh, il est toujours aussi bon dans le rôle entre ce mélange d’arrogance et de ridicule dans les petites manies du détective et follement captivant quand il enquête.

Gal Gadot est parfaite (comme toujours) en Linnet, Letitia Wright démontre aussi tout son talent et son charisme en Rosalie Ottenbourne mais c’est surtout Emma Mackey qui transcende le rôle Jacqueline de Bellefort, volant presque la vedette à tout le monde en alternant entre désespoir, colère, envie de vengeance et femme particulièrement touchante dans sa détresse émotionnelle. Sa prestation est irréprochable et montre à quel point elle est en train de devenir une des meilleures actrices de sa génération.

En Conclusion :

Sur tous les points, dont la musique et l’ambiance sonore, ce film est une réussite et rend le plus bel hommage à une œuvre marquante d’Agatha Christie. Il ne nous reste qu’à espérer que nous aurons un troisième opus à la hauteur de ce « Mort sur le Nil ».

Une excellente adaptation. 

 Critique de Grégory C.

NOTRE NOTE

TERREUR SUR LA VILLE (1976) – Critique

TERREUR SUR LA VILLE (1976) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur TERREUR SUR LA VILLE

Bonne nouvelle avec Rimini Editions qui continue de nous proposer des versions HD de pépites assez méconnus, rarement mis en avant à l’image du film TERREUR SUR LA VILLE que l’on vous propose de découvrir.

Genèse sordide :

The Phantom Killer. C’est ainsi que fut surnommé le tueur qui s’abattit sur la petite ville de Texakarna, Texas, en 1946. Pendant plusieurs mois, il sema la terreur et la paranoïa au sein de cette paisible communauté. Sa particularité : il sévissait tous les 21 jours. Jamais identifié, il cessa soudainement ses meurtres et ne fit plus jamais parler de lui. C’est de ce fait divers sordide que naît le film TERREUR SUR LA VILLE, de Charles B. PIERCE, habitué aux documentaires (The Legend of Boggy Creek) ou films tirés de faits divers (The Evictors).

Le genre slasher :

Réalisé en 1976, soit 2 ans avant le cultissime Halloween, TERREUR SUR LA VILLE préfigure le genre slasher: un psychopathe masqué, des victimes adolescentes ou jeunes adultes surprises en train de fricoter dans leur voiture, des policiers dépassés par les événements, l’utilisation de la vue subjective… les principaux ingrédients du genre sont déjà là.

Entre documentaire, enquête policière stagnante et slasher en devenir, le rythme du film est soutenu. Les quelques séquences humoristiques sont drôles, mais ne nuisent pas à l’ambiance horrifique. La menace tapie dans l’ombre est en effet constante: TERREUR SUR LA VILLE enchaîne les meurtres sanglants parfaitement mis en scène, avec des séquences glaçantes à souhait.

La photographie de James W. Roberson contribue à la réussite du film, grâce à des décors insolites et une reconstitution convaincante de l’Amérique de l’après-guerre. Les deux acteurs principaux de TERREUR SUR LA VILLE offrent une performance solide: Ben Johnson, acteur prolifique notamment dans le genre Western et récompensé d’un Oscar ® (La Charge Héroïque, Rio Grande), donne la réplique à Andrew Prine, également adepte du Western mais davantage remarqué dans des séries TV (Le Virginien, Gunsmoke…)

L’une des forces de ce film est sa manière d’être proposé. En effet on a une voix off qui explique certains événements en mode « Documentaire » mais sans jamais gêner l’intrigue ou les images qui nous sont présentées.

 Une édition collector en plus chez RIMINI éditions :

Alors qu’une suite, réalisée par Alfonso Gomez-Rejon a vu le jour en 2014, témoignant de l’intérêt pour cette l’histoire, le film original n’était encore jamais sorti en DVD et Blu-Ray en France. Proposé pour la toute 1ère fois sur ces deux supports et en master haute définition, TERREUR SUR LA VILLE est accompagné de plusieurs interviews passionnantes, et trouve ainsi une place de choix au sein de la prestigieuse collection angoisse de Rimini Editions.

Critique de Sébastien N.

NOTRE NOTE

LE LIVRE DE BOBA FETT (2021) – Critique

LE LIVRE DE BOBA FETT (2021) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur la série LE LIVRE DE BOBA FETT

Avant-Propos :

L’auteur de ces lignes est un ancien fan hardcore – et potentiellement « chiant »- de l’ancien univers étendu, le « Legend », de Star Wars.

Il ne se remet pas du sort de Luke dans l’épisode 8 en disant à toute personne qui lui demande comment il va : « ce n’était pas mon Luke !!! »(même si ça n’a rien à voir avec la question), dors parfois avec ses romans « de la bonne époque » de star wars, a une photo de Dave Filoni dans son portefeuille à coté de la photo de sa femme et déteste ce que Disney a fait de la franchise mais achète et visionne quand même quasiment tout ce qui sort sur le sujet

Nous vous souhaitons bon courage pour la lecture de cette critique.

La critique contiendra de légers spoilers mais signalés.

Boba Fett, une bonne idée de base fracassé par la « logique disney »

Pour la plupart des gens, Boba Fett est juste le mec avec le jet pack qui se fait manger par un gros ver dans le film le retour du jedi. Mais pour les Fans, c’est le chasseur de prime le plus « badass » de tous les temps, un méchant iconique au niveau de Dark Vador et de Dark Maul. Normalement, le seul fait de prononcer son nom terrorise tous ses adversaires… Donc quand Disney a annoncé faire une mini-série sur ce personnage et centrée sur la pègre de Tatooine, tous les fans de Star Wars ce sont dit : ça va saigner, enfin on va voir le coté très sombre de la franchise, on va voir du sale. Et bien… non

Déjà le personnage de Boba Fett n’est respecté par personne, le premier clochard venu peut lui cracher au visage sans conséquence – Boba Fett pourrait même s’excuser d’avoir été dans la direction du crachat.

Si la partie consacré à son passé, et notamment sur sa survieau ver géant et au désert est intéressante – pendant deux épisodes- , le reste est fade, le personnage n’a plus de charisme et se fait rouler dessus par tout le monde. On nous a vendu un parrain de la pègre, un chasseur de prime impitoyable et au final on a tout juste un sheriff encore puceau de sa première arrestation.

Le problème vient de Disney qui aseptise ses franchises pour plaire au plus grand nombre et au final quand la priorité c’est d’écrire pour plaire à tout le monde, on n’écrit pas pour vraiment raconter quelque chose de fort et profond.

Bref, c’est fade et sans saveur.

Un manque de moyen flagrant et une réalisation décevante voir risible :

Tatooine doit être la plus petite planète de l’univers car on voit toujours les même décor, la phase avec la course poursuite la plus lente du monde – avec les vespa power ranger- était encore moins agréable que ma dernière coloscopie, les combats étaient moue et au final on s’ennuyait ferme.

Bref, c’est mal filmé et moche.

Un scénario qui ne raconte rien à par du hors sujet :

On pourrait croire que la série décolle à un moment mais nous avons juste un hors sujet complet avec deux épisodes du mandalorian au milieu de la série (sans qu’on sache pourquoi) et où le personnage principal (Boba Fett) est absent, un véritable non-sens en terme de narration.

Attention spoiler : le pire étant le choix final de Grogu, refusant de s’entrainer avec Luke, ce qui annihile toute l’intrigue de la saison 2 de Mandalorian qui dévient inutile (pourquoi chercher un jedi pendant une saison si au final la formation n’a pas lieu). Nous avons donc une saison 2 du show principal qui ne sert à rien et un Luke qui, contrairement au legend, n’aura formé convenablement personne (grogu s’est barré avant même de commencer, Leia est tombé enceinte donc n’a pas fini sa formation – il n’y a pas de moyen de contraception dans l’espace ? Ben Solo est passé du côté obscur et a massacré les autres élèves, Rey n’a pas été formé). Décidément, Disney déteste le personnage de Luke et c’est une erreur grossière.

Au final le scénario tient sur un timbre-poste :Boba Fett veut le pouvoir, il y a des méchants puis une baston et c’est fini. Dommage car quand on voit la trilogie de la guerre des chasseurs de prime dans l’univers légend on se dit qu’il y avait vraiment mieux à faire.

Autre point notable, quand Disney a racheté la franchise on nous a vendu le fait suivant : tout sera cohérent et chaque scénario fera partie d’un « grand tout ». Et bien non, on prend dans les romans « canon » mais on change l’histoire sans problème. Vous avez claqué 12 balles dans un comics « canon » pas de problème il sera « retcon » deux semaines plus tard. Bref, une purge.

En conclusion :

Cette série n’a rien à raconter et le fait sur 7 épisodes et amenuise la portée de la saison 2 de The Mandalorian. La faute aussi à une place difficile entre l’épisode 6 et 7 car les scénaristes ne peuvent pas trop avancer où bouger de lignes vu que la Postologie de Star Wars ne raconte pas grand-chose non plus – oui les fans de la postologie vous pour nous haïr on adore ça-. Il est dur de développer l’univers alors que quand le 7 débute nous avons une galaxie qui n’a pas vraiment évolué. Il est fort probable que toute production dans cette période soit aussi vide, jusqu’à ce que Disney décide d’annuler la postologie ou de partir très loin dans le passé ou dans le futur de la franchise.

Au final, après avoir transformé Luke en vieil homme aigri et inutile (pour celui qui était quand même « le nouvel espoir »), Leia en Mary Poppins de l’espace, Han de retour en contrebandier de 70 ans ne sachant plus jouer et Chewbacca en végan nous avons Boba Fett qui devient le paillasson de tous les habitants de Tatooine. Décidément, Disney n’aime pas les personnages iconiques de Star Wars, vivement la série Obi Wan Kennobi pour voir le personnage éponyme être à son tour détruit et aseptisé.

Au final on retient simplement que la musique est sympa. 

 Critique de Grégory C.

NOTRE NOTE

COBRA KAI (2019) – Critique

COBRA KAI (2019) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur la série COBRA KAI

Avant-propos :

Même si j’ai vu les 4 saisons, cette critique sera sans spoilers mais prendra en compte la qualité de la série sur ces 4 saisons.

Je précise aussi que Cobra Kai fait partie de la licence Karate Kid, mais qu’il n’est pas obligatoire d’avoir vu les films pour apprécier la série.

Un revival qui va vous toucher

Cobra Kai est une série télé qui a fait ses débuts sur Youtube à l’époque où la plateforme a essayé de développer son propre catalogue de série, et est désormais sur Netflix.

Cette série se passe trente-quatre ans après le premier film Karaté Kid – le vrai, pas l’infame navet avec « l’acteur » Jaden Smith. On retrouve Johnny Lawrence, le « méchant » du film qui a perdu ,étant enfant, un tournoi de Karaté contre Daniel Larusso. Sa vie s’est effondrée et se résume à des beuveries solitaires et des petits boulots d’où il se fait souvent virer à cause de son mauvais caractère.

Pourtant sa vie va changer le jour où il va prendre sous son aile Miguel, jeune garçon maltraité au lycée, et lui apprendre la voie du Karaté du Dojo Cobra Kai : « Frapper le premier ».

Le synopsis est classique pourtant il est particulièrement efficace dans le traitement et l’évolution de ses personnages.

En effet, que cela soit le harcèlement scolaire subi par Miguel et son ami Eli, les interrogations de Johnny sur son échec en tant que père et sa recherche de rédemption par l’enseignement ou l’insatisfaction de Daniel, qui a pourtant bien réussi sa vie – au regard des critères de notre société de consommation – mais qui se sent vide au fond de lui, toutes ces réflexions vont nous amener aussi à réfléchir sur nous-même et au sens que nous voulons donner à notre propre vie.

Je ne vais pas ici vous spoiler tous les arcs scénaristiques mais Cobra Kai réussit le tour de force de traiter avec justesse du harcèlement à l’école et du cycle de violence qui se nourrit de lui-même tout en abordant, en seconde lecture, la vrai nature et le but d’un art martial.

L’alliance parfaite des générations

Quand j’ai commencé à regarder Cobra Kai, j’ai eu peur de voir à nouveau un soft reeboot qui saccage l’œuvre originale, comme pour Star Wars notamment. Cette mode de prendre une licence culte des années 80/90 et au final de la déconstruire salement est devenue chose trop courante.

Pourtant ici ce sont les acteurs originaux qui gèrent la production et ça se voit. Cette série déborde d’amour pour les films Karaté Kid originaux et quand on a droit à des caméos d’anciens acteurs de la franchise ce n’est pas que pour faire plaisir aux fans mais pour vraiment servir et faire avancer le scénario.

Toutefois la série ne tombe pas dans la nostalgie bête et va confronter, très intelligemment les points de vues, entre la nouvelle génération d’acteurs et les anciens. Souvent très drôles et parfois très touchantes, ces confrontations posent une vrai réflexion sur les évolutions des mœurs de ces 40 dernières années et la réponse à cette réflexion, que je ne vous spoilerai pas, est juste parfaite.

La dernière saison va encore plus loin, en nous donnant le point de vue des « méchants » qu’on ne cautionne toujours pas mais qu’on comprend.

Tous les personnages sont en quête de sens, de repères dans leur vie et c’est pour cela que la série peut parler à tout le monde.

En conclusion : un remède contre la morosité ambiante

L’autre force de la série c’est d’être vraiment fun. Les situations comiques tapent toujours juste, les personnages principaux ont une énergie positive très communicative, les combats sont bien filmés, la BO est au top, bref on se fait plaisir tout du long.

Dans la période actuelle, on a besoin de productions foncièrement positives et qui portent de beaux messages.

Cobra Kai va vous faire du bien et vous rappellera qu’une série qui a du cœur, aime vraiment son propos et au final veut vous faire plaisir devrait être la norme et non l’exception.

Cobra Kai est le meilleur revival de ces 10 dernières années. 

 Critique de Grégory C.

NOTRE NOTE

L’AUTOROUTE DE L’ENFER (1991) – Critique

L’AUTOROUTE DE L’ENFER (1991) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur L’AUTOROUTE DE L’ENFER

Envie de partir pour un road trip délirant ? Prenez L’AUTOROUTE DE L’ENFER en direction de l’un des films d’horreur les plus fous et les plus drôles de tous les temps !

Road Trip délirant :

Pour la 1ère fois en DVD et Blu-Ray et disponible depuis aujourd’hui, on vous propre de revenir sur ce film d’horreur déjanté, gore et décalé à souhait !

Ancré dans les années 80-90 avec ses costumes, sa musique et ses voitures, L’AUTOROUTE DE L’ENFER possède un scénario efficace gorgé de bonnes idées. « L’Enfer est pavé de bonnes intentions ». Ici, l’Enfer est surtout rempli d’un grand nombre de gags visuels, de références à d’autres films, d’illustrations de proverbes ou encore de références bibliques propres à l’enfer.

Un univers riche :

L’univers de cette AUTOROUTE DE L’ENFER est très riche et très approfondi : on parcourt des lieux étranges, habités par toute une palette de personnages les plus excentriques et fascinants qu’il soit : Attila, Cléopâtre, Adolf Hitler, le Diable, le flic de l’Enfer…

Réalisé par le cinéaste néerlandais ATE DE JONG (Drop Dead Fred avec Carrie Fischer), L’AUTOROUTE DE L’ENFER enchaîne l’action à un rythme effréné ! Les dialogues sont percutants, les rencontres multiples et improbables succèdent aux explosions et courses-poursuites en voiture. Le maquillage de STEVE JOHNSON (ex-assistant Rick Baker, un des meilleurs maquilleurs de Hollywood) contribue largement à la réussite du film : sa créativité donne corps à toute une galerie d’allumés qui rendent cet enfer très attrayant.

Le clan Stiller présent au rendez-vous :

L’AUTOROUTE DE L’ENFER est avant tout porté par ses rôles principaux : CHAD LOWE (Pretty Little Liars, Infidèle), KRISTY SWANSON (Buffy, tueuse de vampires – le film), PATRICK BERGIN (Jeux de Guerre, Les Nuits avec mon ennemi), et ADAM STORKE (La Mort vous va si bien). Mais on notera la présence en guest star du clan Stiller au grand complet : le célèbre BEN STILLER (La Nuit au Musée), sa sœur AMY STILLER (Un gars du Queens), et leurs parents, le célèbre duo comique JERRY STILLER (Seinfeld, Un gars du Queens) et ANNE MEARA (Archie Bunker’s Place)

Mélange unique et insolite d’horreur, de gore, de fantastique et d’humour, L’AUTOROUTE DE L’ENFER est proposé pour la 1ère fois en DVD et Blu-Ray dans un superbe digipack collector, incluant une passionnante présentation du film par Gilles Gressard, auteur de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Merci à Rimini Editions qui continue de nous proposer des versions HD de pépites assez méconnus et rarement mis en avant à l’image de ce film.

 Critique de Sébastien N.

NOTRE NOTE

MAMAN, J’AI RATÉ L’AVION (1990) – Critique

MAMAN, J’AI RATÉ L’AVION (1990) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur MAMAN, J’AI RATÉ L’AVION

Noël approche. Le sapin à décorer, la lettre au Père Noël à composer, les premier flocons de neiges qui nous tombent sur le nez et puis les illuminations qui font briller la ville et ses façades, ternis par l’obscur hiver, réveillant en nous un doux parfum de nostalgie et de mélancolie. Oui, une ambiance de fête de fin d’année, propice à se blottir au chaud sous un plaid avec une bonne tasse de chocolat chaud  et quelques sucres d’orges en compagnie d’un bon film de Noël. Et quoi de mieux en cette période que de choisir celui qui aura bercé toute notre enfance. A une époque, pas si lointaine d’ailleurs, TF1 et M6 savaient biberonner ses jeunes – et grands – téléspectateurs de films américains où le thème de Noël faisait le plus grand plaisir des bambins comme celui des parents, désireux de retrouver leur âme d’enfant. Si vous êtes un kid des années 90, et même ceux de quelques générations après, il ne vous est pas possible d’avoir raté le cultissime Maman j’ai raté l’avion !

Signé Chris Colombus (Nuit de folie, Mme Doubtfire et Harry Potter I & II) à la  réalisation, écrit et produit avec brio par John Hugues (Les 101 Dalmatiens, Denis la malice & Breakfast Club) avec en tête d’affiche le jeune et charismatique Macauley Culkin (âgé de seulement 9 ans) dans son premier grand rôle, Maman j’ai raté l’avion ! était et est un succès inestimable auprès du public, comme la plupart des critiques, récoltant des recettes colossales par rapport à son petit budget initial prévu pour le réaliser. Depuis sa première sortie en salle, trente et un an se sont écoulés. Après moult traversés, allant d’une génération à une autre, de notre petit écran de télévision aux plateformes géantes de streaming, en passant par la mode du remake, que reste t-il finalement de cette oeuvre considérée par beaucoup comme cultissime ? Cela va bien au-delà du succès planétaire et des millions qu’il a engendré, de sa réalisation impeccable, de son scénario très aboutis et malin  ainsi que de son casting imparable. S’il détient encore aujourd’hui son précieux statut de film culte, c’est bien parce qu’il a réussi à conserver sa grande capacité à nous faire rêver, petits comme grands, en nous invitant volontiers dans cette aventure à la fois loufoque, drôle et récréative où notre jeune héros, Kevin McCallister, vit ce que nous avons tous fantasmé au moins une fois et qui réside dans l’esprit commun de chaque enfant que nous avons été un jour : celle de se retrouver seul chez soi, oublié, sans parents, avec l’infini possibilité de briser toutes les règles que ces derniers nous ont imposés !

C’est dans un joli désordre chaotique où les enfants et les adultes sont les rois de cet effroyable boucan, entre des valises à boucler et des disputes interminables à gérer, que nous faisons la connaissance de la grande famille McCallister. Cette dernière finalise les derniers préparatifs pour s’envoler le lendemain matin dans le premier avion à destination de Paris, afin d’y passer les fêtes de Noël. Au milieu de tout ce raffut, le jeune Kevin McCallister fait son apparition. Etonnamment calme réclamant la permission de voir un film qui n’est pas de son âge. Puis soudain l’angoisse. Il doit préparer sa valise. Tour à tour, il demande de l’aide à ses frères et soeurs, ses cousins et cousines, sans que ces derniers ne l’aident et tendent plus à le malmener en lui rappelant qu’il n’est qu’un idiot, un incapable. Un incident de pizza au fromage vient alors éclater la réputation d’ « andouille » du petit Kevin qui voit alors rouge et défie sa mère (interpréter par la grande Catherine O’Hara) de les faire disparaître afin de ne plus jamais les revoir de sa vie. Lorsque le lendemain, le jeune garçon se réveille dans la demeure familiale sans que personne ne réponde présent, vient d’abord la surprise, puis la stupéfaction et sans tarder l’espièglerie de Kevin, ravi d’avoir pu faire disparaître sa famille. La grande aventure peut commencer et les interdits peuvent enfin être transgressés. Mais c’est sans compter sur l’arrivée inopinée de deux cambrioleurs maladroits (incarnés respectivement par l’excellent Joe Pesci et Daniel Stern) avides de dérober de nouveaux trésors et qui s’intéressent de très près à la maison de notre jeune héros, seul et sans défense.

Grace à sa réalisation enchanteresse, Chris Colombus conçoit d’une remarquable inventivité, tant dans la mise en scène que dans sa façon de filmer et de cadrer ses plans, tous les enjeux et les espaces nécessaires que la grande maison familial des McCallister offre au jeune Kevin, impatient d’enfreindre les fameuses règles de l’âge qui sont interdites. Elle ne devient plus simplement une magnifique maison décorée à l’ambiance estivale de Noël, mais un gigantesque terrain de jeux, une immense court de récréation où tout est possible : sauter sur le lit parental, manger n’importe quoi, regarder des films habituellement défendus, tout est permis pour le plus grand bonheur des spectateurs qui ne peuvent s’empêcher de sourire malicieusement, rêvant secrètement de faire les mêmes activités clandestines. Le film jouit de l’empreinte du réalisateur  qui possède la magnifique particularité de donner à ses longs-métrages un soupçon de magie, une étincelle de féérie offrant une dimension presque fantastique et embarquant littéralement le spectateur dans un récit qui ne cesse d’émerveiller, de faire rêver et de nous faire rire. Il faut dire que la réalisation épouse parfaitement bien l’écriture et l’univers  à la fois enfantin et adulte de John Hugues, qui réussis haut à la main à nous livrer un scénario qualitatif et extrêmement bien mené, où chaque action est toujours justifiée de façon cohérente et parfois subtile ; de l’oublie de Kevin  par sa famille à la mise en demeure des cambrioleurs. On aime que le personnage de Kevin ne soit pas infantilisé ou stupide, mais bien au contraire intelligent, malin et suffisamment débrouillard pour aller faire ses courses tout seul au supermarché. Et rappelons aussi la scène culte de la lotion d’après rasage, parfaitement improvisée par ce jeune prodige du cinéma.

Une jolie morale vient alors parfaitement s’inscrire dans l’ambiance générale du film, celle de l’importance de la famille et de l’avoir toujours auprès de soi. Maman j’ai raté l’avion !  représente, à tous les âges et de manière intemporelle et universelle, notre situation familiale quelle qu’elle soit. Et quoi de mieux que les fêtes de Noël pour nous rappeler subtilement qu’il est essentiel de préserver ces précieux liens familiaux. Tout ça sous la musique de John Williams qui complète magnifiquement bien l’univers riche et sonore du film.

Cependant, des questions demeurent importantes aujourd’hui face à la sortie de Maman j’ai raté l’avion ! (Ça recommence) sur Disney+ (Remake bas de gamme et sans fond du premier opus)  et qui ouvre un débat plus large : sommes-nous à une époque cruciale où le cinéma à du mal à se réinventer et à faire rêver ? Doit-on nécessairement faire du neuf avec du vieux ? Pourquoi toujours vouloir surpasser le film original quand celui-ci avait bien marché à l’époque ? La question de l’argent est ici bien évidement de mise, comme les valeurs morales et du politiquement correct de notre société qui poussent les productions comme Disney (et tant d’autres) à vouloir corriger les erreurs du passé comme si de rien n’était. Mais justement, je pense qu’il est de notre devoir de ne pas sanctionner, de raturer ou de surpasser bon nombres d’oeuvres cinématographiques, qu’elles soient bonnes, mauvaises ou tout simplement plus en accord avec notre monde actuel. Il est crucial de les préserver afin de les montrer aux générations futures et ceci pour une simple et bonne raison : Ne pas oublier que le cinéma c’est aussi l’histoire de notre monde, miroir de notre société et de son évolution.

 Critique de Rémi V.

NOTRE NOTE