REACHER – Saison 2 – Critique

REACHER – Saison 2 – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur le film

REACHER – Saison 2

Reacher est l’adaptation par Prime Vidéo de la série de roman de Lee Child mettant en scène Jack Reacher, un ancien membre de la police militaire qui parcourt les Etats-Unis et résout des enquêtes.

Cette adaptation se veut plus fidèle à l’œuvre que les deux films avec Tom Cruise et ne se situe donc pas dans la même continuité.

Si la saison 1 nous amenait dans un coin perdu des Etats-Unis, c’est dans une ambiance plus urbaine que se déroulera cette seconde saison.

Le pitch :

Reacher, toujours interprété magistralement par Alan Ritchson, apprend le décès dans des circonstances étranges d’un des membres de son ancien groupe d’investigation militaire.

Ce sera alors pour lui l’occasion de renouer avec son passé et de son ancienne escouade pour déjouer un complot bien plus vaste qu’il n’y parait d’un premier abord.

Une saison deux critiquée mais qui bat des records d’audience :

Cette saison deux est une des plus regardées de Prime Vidéo. Toutefois certaines critiques se sont faites entendre : environnement trop urbain qui dénature l’ambiance, promotion de la masculinité toxique, Reacher avec une équipe alors que c’est un solitaire…

Soyons clair, toutes ces critiques sont infondées. Reacher n’a jamais prôné la masculinité toxique, bien au contraire le casting féminin est encore plus fort et « badass » qu’en saison 1. Quant au personnage principal il est égal à lui-même, un colosse de 1m90 avec un intellect hors norme, qui a du mal à maintenir des liens sociaux. Oui, il se bat et casse la figure à ses opposants mais le casting féminin fait de même. Rarement une série n’aura été aussi équilibrée à ce niveau-là.

L’environnement urbain ne dénature pas la série et montre justement un Reacher évoluer dans un environnement différent avec des antagonistes qui n’ont rien à voir avec ceux de la saison 1.

Quant à son travail d’équipe, cela nous permet surtout de magnifier le personnage principal tout en nous donnant des indices sur son passé.

Le verdict :

La saison 2 de Reacher est excellente, maitrisée et permet d’aller encore plus loin avec le personnage. Vivement la saison 3 !

Par Grégory Caumes

Copyright Amazon Studios

NOTRE NOTE

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SHOWING UP (2023) – Critique

SHOWING UP (2023) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur SHOWING UP

Showing Up ou comment la Vie nourrit l’Art, comment l’Art imite la Vie.

Ecrit et réalisé par la cinéaste américaine Kelly Reichardt, Showing Up dépeint avec tendresse et lucidité le quotidien d’une artiste sculptrice et plus particulièrement de ses créations, dont elle puise l’inspiration des inhérences banales et chaotiques de son existence.

Ce nouveau long-métrage, présenté au festival de Cannes en 2022, est l’occasion pour la réalisatrice-scénariste de retrouver son actrice fétiche, Michelle Williams, qui marque leur quatrième collaboration depuis leur tout premier film Wendy & Lucy, sortie en 2008. L’actrice de Certain Women campe ici le rôle de Lizzie, une artiste antipathique, pas vraiment heureuse et égoïste qui doit présenter dans quelques jours sa première exposition. Malheureusement pour elle, des événements extérieurs viennent perturber sa tranquillité d’esprit et l’empêchent de travailler sereinement sur les oeuvres qu’elle devra prochainement exposer.

Avec Showing Up, Kelly Reichardt déconstruit habilement le mythe de l’artiste et du génie créatif qui se cache derrière le nom. L’histoire, qui se déroule chronologiquement sur quelques jours avant son vernissage, entraîne le spectateur dans le quotidien solitaire de Lizzie et du chaos environnant qui gravite autour d’elle : un ballon d’eau-chaude qui ne marche plus, un chat qui n’en fait qu’à sa tête, un pigeon malade, une famille de plus en plus dysfonctionnelle. Malgré tout ces petits tracas qui ne nous paraissent pas tout à fait débordant, on comprend rapidement qu’ils deviennent sources d’angoisses en même temps qu’ils sont les fondements  même de son inspiration.

La cinéaste met particulièrement l’accent sur deux aspects distinct de la personnalité d’artiste : à travers le personnage de Jo (interprétée par la géniale Hong Chau), celle de l’artiste libre et entourée, qui se révèle être de nature plutôt instable,  insouciante et qui n’en fait qu’à sa tête. Et de l’autre, celle de Lizzie, l’artiste au tempérament plus renfermer, solitaire et insipide mais qui se dévoile être au final une personnalité beaucoup plus attachante, intéressante et responsable  qu’il n’y paraît. Cette évolution notable fait grandement partie de l’intelligence et la richesse du scénario  co-écrit avec  Jonathan Raymond

La symbolique de l’animal qui occupe pendant un court instant la vie d’un l’artiste est également une partie intégrante de Showing Up. En recueillant bien malgré-elle l’oiseau blessé par son chat dont elle s’était débarrassée, Lizzie transfigure sur cet animal fragile la figure de son mal-être personnel et révèle au spectateur une autre facette de sa personnalité que l’on n’aurait pas soupçonnée. L’autre idée du film provient du fait que l’art reste le médium le plus puissant et le plus accessible pour absorber, matérialiser et transmettre des émotions qui sont parfois hors de notre portée ou de notre propre langage.

A mi-chemin entre le cinéma indépendant américain et le documentaire, la réalisatrice propose un film à la fois clairvoyant et bienveillant sur les affres et pérégrinations de la vie d’artiste qu’on idéalise. La simplicité de sa mise en scène, l’écriture à double sens et le caractère très naturel de ce nouveau long-métrage confirme que oui, Kelly Reichardt mérite amplement son titre de grande cinéaste américaine de notre époque.

Par Rémi Vallier

Photos : Allyson Riggs/A24

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BOB MARLEY: ONE LOVE – Critique

BOB MARLEY: ONE LOVE – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur le film

BOB MARLEY : ONE LOVE

Bob Marley : One Love est un film américain réalisé par Reinaldo Marcus Green. Il s’agit d’un film biographique sur le chanteur Bob Marley.

Bob Marley est incarné par Kingsley Ben-Adir et sa femme, Rita Marley, est interprétée par Lashana Lynch.

One love est un très bon film qui se concentre sur une partie de sa vie (la plus importante « politiquement »), celle de son « exil » à Londres et de la création de son album le plus mythique, Exodus.

Le casting est impeccable et le duo Ben-adir et Lynch fonctionne à merveille. La réalisation est de très bonne facture avec certains moments vraiment inspirés.

La musique est évidemment formidable.

C’est un divertissement familial – même si certaines scènes de violence peuvent choquer les plus jeunes – qui délivre un message universel et intergénérationnel d’unité et d’amour.

Il est possible, toutefois, que le film divise sur un point car il parle de l’impact de la religion dans la vie de Bob Marley, ce que peu de gens savent, avec une vision parfois trop idyllique du mouvement Rastafari.

Ce film en occulte les dérives notamment le fait que cette idéologie a empêché Bob Marley de bien soigner son cancer comme le déclarent certaines biographies.

À part ce point, c’est un super film dans le même style que Bohemian Rapsody, divertissement tout public qui délivre avant tout, de façon posthume, le message de l’artiste

Par Grégory Caumes.

Copyright 2023 Par. Pics.

NOTRE NOTE

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GODZILLA MINUS ONE – Critique

GODZILLA MINUS ONE – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur le film

GODZILLA MINUS ONE

Godzilla Minus one est un film japonais de Takashi Yamazaki avec Ryûnosuke Kamiki, Minami Hamabe et Yûki Yamada.

Il est important de préciser que ce film n’est pas dans la continuité du monsterverse américain comprenant Godzilla et Kong. Il s’agit plus d’un reboot du Godzilla original avec le retour du studio de la Toho à la production.

Il est inutile de faire durer le suspens car avec seulement 15 millions d’euros de budget – pour rappel le dernier « Asterix » a couté 72,4 millions et « The Marvels » 270 millions – ce film met une claque phénoménale aux supers productions du monde entier.

Le film est un chef d’œuvre de réalisation passant de scènes intimistes puissantes à des scènes de chaos et de destruction d’une qualité bluffante. Godzilla Minus One est donc une totale réussite et cela à plusieurs niveaux.

La réalisation :

Encore une fois réussir à tourner un tel film avec si peu de budget est incroyable. La plupart des scènes sont d’une qualité parfaite, les effets spéciaux sont impeccables et, c’est à souligner, les scènes servant à développer les personnages ou à donner une vision du Japon d’après-guerre sont tout autant réussies.

Le scénario :

Oui ce film nous rappelle qu’une œuvre sur Godzilla doit être avant tout un film sociétal et politique. Placer l’action du film après la défaite japonaise lors de la seconde guerre mondiale est une idée brillante. En reprenant l’essence même du premier film, on revient sur le sentiment de désespoir du peuple japonais. On assiste aussi à une critique de la politique japonaise lors de la guerre mais aussi une analyse de la pression que mettent les grandes puissances d’après-guerre sur les vaincus. Le scénario sait nous tenir en haleine tout en nous délivrant une fresque sociétale bouleversante. C’est juste parfait.

Et le reste ?

Que cela soit la musique ou l’acting – tant qu’on n’est pas réfractaire à certains poncifs du cinéma japonais – nous sommes sur du très bon niveau.

En conclusion :

Oui Godzilla Minus One est une leçon de cinéma. On peut réaliser un grand film fantastique avec seulement 15 millions de dollars tout en délivrant une fable sociétale forte.

Par Grégory Caumes.

Copyright Photos : Toho Co., Ltd.

NOTRE NOTE

BANDE-ANNONCE :

PRISCILLA (2023) – Critique

PRISCILLA (2023) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur PRISCILLA

Priscilla, huitième long-métrage de la cinéaste Sofia Coppola, est un biopic visuel à coeur ouvert, narrant l’envers du décor d’un conte de fées Hollywoodien avec, en vedette, son couple phare : Priscilla et Elvis Presley. Plus Priscilla qu’Elvis, le film rend hommage à la femme derrière le King, ainsi qu’à son singulier courage dans le combat qu’elle a menée tout au long de leur relation pour s’émanciper.

Pour son nouveau long-métrage, Sofia Coppola décide d’adapter les mémoires de Priscilla Presley « Elvis and Me » qui relate sa relation tumultueuse avec Elvis Presley ; de leur rencontre improbable et hors du commun à leur séparation inévitable mais libératrice. Si l’oeuvre s’intéresse aux moments clés de leur histoire, c’est toujours à travers le regard de la jeune Priscilla, car c’est son film, son point de vue. Si la démarche semble féministe, l’oeuvre reste très à distance des sujets actuels et se concentre davantage sur son évolution notable plutôt que de dénoncer des faits.

 Le film est une véritable leçon de cinéma en matière de réalisation, offrant une remarquable mise en scène et une direction artistique époustouflante, des plans saisissants et parfaitement cadrés au millimètre près. Sublimée par la photographie de Philippe Le Sourd, maître de l’ombre et de la lumière, l’oeuvre aux couleurs pastels arrive facilement à nous replonger avec nostalgie dans  l’ambiance américaine des années 50-60. La qualité indéniable des décors et des costumes méticuleusement choisis contribuent à renforcer grandement cette impression. Si quelques lenteurs viennent de temps en temps plomber le rythme, c’est pour mieux rendre compte de l’univers très restreint et reclus de son héroïne.

Saluons également le soin tout particulier apporté à la bande originale du film avec, comme toujours, Phoenix aux commandes et quelques pépites musicales de l’époque.

Son casting séduisant et encore peu connu achève l’idée de ce couple iconique : Jacob Elordi (Euphoria, Saltburn), avec  son charisme et son visage d’ange rebelle, arrive à être plus que convaincant dans le rôle du King et Cailee Speany (Pacific Rim: Uprising, The Craft), véritable révélation du film, délivre une interprétation absolument saisissante et bouleversante en Priscilla Presley.

Sans verser dans le mélodrame ou dans la surenchère de situation anecdotique, Sofia Coppola délivre une fois de plus une oeuvre sensible et délicate, qui n’est pas sans rappeler certaines réalisations de sa filmographie (Marie Antoinette, 2006). Priscilla est, sans prétention, une des plus belles oeuvres cinématographiques de ces dernières années car, oui, le film est beau, visuellement maîtrisé de bout en bout avec un certain sens de l’esthétisme et de l’élégance, ce qui est de plus en plus rare dans le cinéma actuel pour être souligné.

Sofia Coppola, qui n’est pas simplement fille de « … », est une artiste bel et bien à part entière et accomplie, possédant surtout le riche héritage de transmettre un art qui se perd : raconter des histoires, visuellement. Preuve que toute chose et que tout art se transmets bien de père en fille.

Par Rémi Vallier

Photos : Copyright A24

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LES TROIS MOUSQUETAIRES: MILADY

LES TROIS MOUSQUETAIRES: MILADY

Fiche technique :

Notre avis sur le film

LES TROIS MOUSQUETAIRES: MILADY

Avant-propos : Cette critique est sans spoiler et ne mentionne que des choses visibles dans la bande annonce.

Les Trois Mousquetaires : d’Artagnan de Martin Bourboulon fut une très belle surprise de ce début d’année et voir arriver sa seconde partie « Milady » aussi vite s’explique par le simple fait que les deux parties furent tournées en même temps. Procédé déjà utilisé par Le seigneur des anneaux de Peter Jackson pour limiter les coûts mais qui assure une vraie cohérence visuelle et narrative de l’œuvre.

Soyons clair, oui ce deuxième opus est aussi réussi que le premier même si certaines libertés prises avec l’œuvre peuvent étonner voire énerver les puristes. Pourtant certains de ces choix sont particulièrement bienvenus pour mieux rythmer l’œuvre mais aussi l’encrer encore plus avec les évènements de son époque. Le personnage de Milady est aussi modernisé, ce qui est une bonne chose car même Alexandre Dumas avait apporté des corrections au personnage dans la pièce de théâtre sur son œuvre. L’ajout de certains passages au siège de La Rochelle donne une ampleur encore plus épique à l’œuvre. 

Un rajout important est celui d’Hannibal, mousquetaire noir, surement inspiré de Aniba d’Assinie, premier officier Français noir et prince de son état. Evidemment on est dans l’anachronisme volontaire car ces évènements se passèrent sous Louis XIV et non Louis XIII et on sait que l’objectif est de lui dédier une série télé. Il est dommage de ne pas respecter la vrai histoire d’Aniaba d’Assinie qui est très intéressante et épique mais cela ne gâche en rien le film, bien au contraire car son interprète, Ralph Amoussou, est comme toujours particulièrement convaincant dans le rôle.

Le reste du casting est toujours excellent et ce deuxième opus donne l’occasion de voir plus de moments de camaraderie que le premier, ce qui nous permet de croire vraiment dans leur dévouement les uns envers les autres.

Evidemment Eva Green reste parfaite en Milady et incarne à merveille les deux facettes du personnage.

La réalisation est au même niveau que le premier et vraiment cela fait du bien de voir enfin un tel niveau dans le cinéma Français.

La seule interrogation reste le dénouement du film qui diverge avec l’œuvre originale et qui peut laisser un peu sur sa faim. Cela ne gâche en rien l’expérience mais cela interroge.

Au final, nous avons là une œuvre d’envergure, solide, et qui semble s’inscrire dans le « Alexandre Dumas Cinématique Universe » et on ne peut qu’être impatient de voir la suite – notamment avec l’adaptation du comte de Monté Christo et on l’espère les adaptations des suites des aventures des mousquetaires. Nos supers héros français sont les mousquetaires et les chevaliers et il est bon de voir le cinéma français enfin aimer notre patrimoine.

En conclusion: un opus au niveau du premier

Par Grégory Caumes.

Copyright Photos : Ben King

NOTRE NOTE

BANDE-ANNONCE :