NUREMBERG (2026) – Critique

NUREMBERG (2026) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur le film

NUREMBERG

NUREMBERG, le dernier film de James Vanderbilt, plonge le spectateur dans l’un des moments les plus marquants du XXᵉ siècle : le procès des dignitaires nazis après la Seconde Guerre mondiale. Mais attention, ce n’est pas un simple film de tribunal. Ici, on suit deux histoires en parallèle : d’un côté, la création du Tribunal militaire international de Nuremberg, porté par le procureur américain Robert H. Jackson, qui doit inventer un cadre juridique pour juger des crimes contre l’humanité ; de l’autre, le travail du psychiatre Douglas Kelley, chargé d’évaluer la santé mentale des accusés, dont Hermann Göring, l’un des principaux lieutenants d’Hitler.

Adapté du livre The Nazi and the Psychiatrist de Jack El-Hai, le film explore une question glaçante : le mal absolu est-il l’œuvre de monstres, ou peut-il être commis par des hommes intelligents, rationnels, voire charismatiques ? Avec Russell Crowe, Rami Malek et Michael Shannon en tête d’affiche, Nuremberg mise sur une approche rigoureuse, mais accessible, pour raconter cette page d’Histoire sans tomber dans le jargon ou le didactisme pesant.

Un film historique exigeant, mais captivant

D’entrée de jeu, Nuremberg impressionne par sa sobriété. James Vanderbilt opte pour une mise en scène épurée, presque minimaliste, mais d’une précision chirurgicale. Pas de grands effets, pas de scènes spectaculaires inutiles : le réalisateur laisse l’Histoire parler d’elle-même, et c’est justement ce qui rend le film si puissant. On sent que chaque détail a été pensé pour servir le propos, sans jamais alourdir le récit.

Le plus remarquable, c’est la façon dont le film rend passionnant un sujet aussi complexe. Entre enjeux juridiques, tensions politiques et analyses psychologiques, Nuremberg parvient à tout expliquer sans donner l’impression de faire la leçon. Le spectateur suit les débats, comprend les défis de la création du tribunal, et se retrouve immergé dans une époque charnière, où le droit international se réinvente sous nos yeux.

Le cœur du film réside dans la confrontation entre Douglas Kelley et Hermann Göring. Ces face-à-face, à la fois intellectuels et moraux, donnent une profondeur rare au récit. Le film ne cherche pas à excuser Göring, mais il ne le réduit pas non plus à une caricature de « monstre ». Au contraire, il explore une idée dérangeante : et si le pire pouvait être commis par des hommes ordinaires, intelligents, voire séduisants ? Une question qui résonne étrangement avec notre époque.

Russell Crowe est bluffant dans le rôle de Göring : charismatique, manipulateur, mais jamais grotesque, il incarne parfaitement ce personnage sombre et immonde de l’histoire humaine. Rami Malek, en psychiatre confronté à l’horreur, incarne parfaitement la curiosité intellectuelle qui se transforme peu à peu en prise de conscience morale. Quant à Michael Shannon, il apporte une gravité nécessaire au rôle de Robert H. Jackson, ancrant le film dans sa dimension judiciaire.

Les scènes de procès sont particulièrement bien mises en scène. Vanderbilt utilise des plans larges, presque théâtraux, qui renforcent l’impression d’assister à un moment historique en direct. Le montage, fluide et précis, évite toute lourdeur malgré les 2h28 du film, et la reconstitution des décors est si crédible qu’on en oublie presque qu’il s’agit d’une fiction.

En conclusion

Nuremberg est un film exigeant, mais jamais ennuyeux. Il ne cherche pas à imposer une morale, mais à faire réfléchir. À une époque où l’oubli et la désinformation menacent, ce film rappelle que la justice internationale repose sur des choix humains, fragiles mais indispensables.

Le film réussit à nous démontrer que le mal absolue existe dans l’humanité, que l’horreur n’est jamais vaincue et qu’il doit être combattu au quotidien

Un grand film historique, à la fois pédagogique et captivant. À voir absolument pour ceux qui aiment le cinéma intelligent, qui interroge autant qu’il divertit

 Par Gregory CAUMES

Copyright moviexchange / Bluestone Entertainment / Sony Pictures

NOTRE NOTE

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A DEMAIN SUR LA LUNE (2026) – Critique

A DEMAIN SUR LA LUNE (2026) – Critique

Fiche technique :

  • Date de sortie : 4 février 2026 
  • De : Thomas Balmès
  • Avec : /
  • Genre : Documentaire
  • Durée : 1h20

Notre avis sur le film

À DEMAIN SUR LA LUNE

Présentation :

À demain sur la Lune, le dernier documentaire de Thomas Balmès, est un film qui vous prend aux tripes dès les premières minutes. Tourné sur deux ans dans l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Calais, il nous immerge dans un univers où la vie et la mort se côtoient au quotidien. Mais ce qui rend ce film si particulier, c’est Peyo, un cheval qui, contre toute attente, semble pressentir quels patients ont le plus besoin de sa présence. Pas de mise en scène tape-à-l’œil ici : juste des rencontres, des regards, et une étrange complicité entre l’animal et ceux qui savent leur temps compté.

Parmi les patients, Amandine marque particulièrement les esprits. Atteinte d’une maladie incurable, elle accepte d’être filmée, non par exhibitionnisme, mais pour laisser une trace à ses enfants. Son histoire, filmée avec une pudeur rare, soulève une question qui nous concerne tous : comment vivre quand on sait que la fin est proche ? Comment transformer l’inéluctable en quelque chose de presque apaisant ?

Thomas Balmès, qui signe à la fois la réalisation et l’image, confirme avec ce film son talent pour capter l’humain dans ce qu’il a de plus fragile. Pas de grands discours, pas de pathos forcé : juste des instants volés, des silences éloquents, et une bande-son signée Guillaume Poncelet qui enveloppe le tout d’une douceur mélancolique. On sort de là avec l’impression d’avoir partagé bien plus qu’un simple documentaire – une expérience, presque.

Critique

À demain sur la Lune n’est pas un film qu’on oublie, il va vous toucher et longtemps vous habiter. Pas parce qu’il cherche à nous faire pleurer à tout prix, mais parce qu’il nous oblige à regarder en face ce que notre société préfère ignorer : la fin de vie, avec ses peurs, ses non-dits, mais aussi ses moments de grâce inattendus.

Ce qui frappe d’abord, c’est l’absence totale de voyeurisme. Le ralisateur ne juge pas, n’explique pas. Il se contente d’être là, avec les patients, leurs familles, les soignants. Pas de voix off, pas d’experts pour nous dire quoi penser. Juste des visages, des mains qui se serrent, des larmes qui coulent sans qu’on sache toujours pourquoi. Et c’est justement cette retenue qui rend le film si puissant.

Peyo, le cheval, pourrait passer pour un gadget. Pourtant, sa présence change tout. Sans un mot, il incarne ce que les humains peinent parfois à exprimer : une forme de tendresse brute, une écoute sans attente. Le film ne cherche pas à rationaliser ce lien mystérieux. Il le montre, simplement, et c’est bien plus fort que n’importe quel commentaire.

Mais ce qui élève À demain sur la Lune au-dessus des autres documentaires sur le sujet, c’est sa dimension cinématographique. Le réalisateur filtre la réalité à travers un regard d’artiste : des lumières douces, des plans serrés sur des détails (une main qui caresse une crinière, un sourire fugace), une photographie qui transforme l’hôpital en un lieu à la fois réel et onirique. On est loin du reportage chirurgical ou du misérabilisme facile. Ici, chaque image compte, chaque silence a son poids.

Le montage, signé Alex Cardon, est un modèle du genre : ni trop lent, ni trop rapide, il épouse le rythme des personnes filmées. On prend le temps. On respire. On se laisse porter. Et c’est dans ces moments de flottement que le film nous touche le plus, nous forçant à nous interroger : et moi, comment j’affronterais ça ? Comment j’accompagnerais un proche ? Comment je vivrais mes derniers jours ?

En conclusion

Dans une époque où la mort est souvent cachée voir aseptisée, À demain sur la Lune ose la regarder en face, sans fard mais sans désespoir. Il rappelle que la fin de vie n’est pas qu’une question médicale, mais une aventure profondément humaine, faite de peurs, de rires, de colères et, parfois, de paix. Thomas Balmès remet finalement l’humain au centre de la question du soin, et c’est pour cela que son œuvre est aussi puissante.

Un documentaire indispensable. Pas seulement pour ceux qui s’intéressent aux soins palliatifs, mais pour quiconque a déjà aimé, perdu, ou simplement réfléchi à ce que signifie « bien mourir ». À voir absolument – et à méditer longtemps après.

 Par Gregory CAUMES

Copyright moviexchange / Bluestone Entertainment / Sony Pictures

NOTRE NOTE

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La trilogie PUSHER (Critique & test 4K)

La trilogie PUSHER (Critique & test 4K)

Fiche technique :

Notre avis sur la trilogie 

PUSHER

À l’occasion de la sortie en version 4K, on vous propose de revenir sur la trilogie Pusher et de nous intéresser également à l’aspect technique de la nouvelle version.

Une œuvre fondatrice du cinéma criminel européen

Avant de réaliser des films comme Drive, Only God Forgives ou encore The Neon Demon, le réalisateur danois Nicolas Winding Refn a réalisé entre 1996 et 2005 la trilogie Pusher. Trois films, loin des codes esthétiques hollywoodiens, qui vont explorer de manière viscérale et avec une approche ultraréaliste la criminalité à Copenhague. Une saga, aujourd’hui culte, certes encore trop méconnu, qui par son style brut et son intensité dramatique va poser un regard sans concession sur les bas-fonds d’un monde d’escrocs danois.

Chapitre 1 : Pusher (1996) – Le chaos nerveux

Le premier opus suit Frank, petit dealer pris dans une spirale infernale après un deal raté. Le réalisateur opte pour une caméra à l’épaule, des couleurs sales et une lumière naturelle, créant une immersion totale dans un univers oppressant. La tension est permanente, la violence réaliste, et le spectateur ressent physiquement la peur et la pression qui écrasent le personnage. Ce film pose les bases : un cinéma viscéral, sans glamour ni échappatoire.

Chapitre 2 : Pusher II (2004) – L’introspection tragique

Huit ans plus tard, Refn change de perspective. Tonny, interprété par un Mads Mikkelsen magistral, tente de reconstruire sa vie après la prison. Ce second volet est le plus introspectif : derrière la brutalité, une quête de reconnaissance et d’amour paternel. La mise en scène conserve son réalisme cru, mais s’enrichit d’une dimension psychologique qui confère au film une profondeur tragique.

Chapitre 3 : Pusher III (2005) – La fin d’un règne

Dernier chapitre : Milo, vieux parrain, lutte pour maintenir son pouvoir. La tension devient sourde, presque existentielle. Ce film, le plus sombre de la trilogie, explore la désagrégation d’un système criminel et la solitude d’un homme au crépuscule de son règne. La violence y est froide, presque désespérée.

La criminalité et la violence au service d’un réalisme brut

Les trois films ont un point commun : ils ne cherchent pas à séduire mais à confronter le spectateur à une réalité crue. Violence, drogue, sexualité, voici les ingrédients d’une trilogie clairement réservée pour un public averti. Pour cela, le réalisateur danois va s’inspirer de véritables milieux criminels, conférant à la trilogie un réalisme brut. Exit l’univers stylisé et haut en couleur de ses derniers films. Ici, la caméra épaule, la lumière naturelle et les couleurs ternes viendront nourrir l’esthétique des trois films, radicalement opposée aux films de gangsters modernes.

En conclusion, la trilogie Pusher est une œuvre radicale, intense et incontournable dans l’horizon du cinéma criminel européen. Une œuvre qui aura lancé la carrière de Nicolas Winding Refn et révélé Mads Mikkelsen.

Aspects techniques de l’édition 4K :

Quoi de mieux du coup, que cette édition 4K pour (re)découvrir ces films dans des conditions techniques optimales.

Image : La restauration 4K a été réalisé à partir des négatifs originaux (16 mm pour le premier, 35 mm pour les suivants), offrant une texture granuleuse fidèle à l’univers criminel.

Audio : Les trois opus seront présentés en 2160p Dolby Vision avec VO remixée au format Dolby Atmos et VF DTS-HD 5.1.

Bonus : Plusieurs bonus sont proposés comme le documentaire Gambler de Phie Ambo (2006, 1h18) ; 3 entretiens inédits avec Philippe Rouyer (30 min/entretien); livret d’accompagnement de 88 pages contenant un entretien fleuve avec Nicolas Winding Refn et des documents d’archives inédits.

Editeur : The Jokers Films

Par Sébastien NIPPERT

|Copyright Ninety Seven Film Production & Distribution

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HELL IN PARADISE (2025) – Critique

HELL IN PARADISE (2025) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur le film

HELL IN PARADISE

Hell In Paradise : Un thriller dramatique sous les tropiques paradisiaques de l’océan Indien.

Inspirée de faits réels, Hell In Paradise propose un thriller féministe actuel sous hautes tensions où Nina, une jeune-femme française en quête d’une vie meilleure, part s’exiler comme réceptionniste dans un hôtel d’une île perdu au coeur de l’océan Indien et dont le destin va rapidement basculer dans l’horreur.

La réalisation s’appuie sur tous les codes du genre, un montage rythmé et nerveux ne laissant aucun répit au spectateur de souffler un instant. Des plans larges aux plus gros plans, la tension monte d’un cran, les scènes s’enchaînent à un rythme effréné, à bout de souffle, sans perdre sa mesure. L’histoire trouve parfaitement son équilibre entre le calme et la tempête qui ne cesse de menacer son héroïne à la résilience inspirante.

Réalisée par Leïla Sy (la trilogie Banlieusards), son oeuvre dénonce en grande partie le règne encore bien présent du patriarcat, des hommes véreux et d’une justice ne faisant plus foi. L’espoir ainsi que la survie à tout prix restent les seules armes disponibles pour quiconque veut échapper à l’injustice d’un monde dangereux et corrompu.

Entre une rage violente de survivre et de s’en sortir de ce cauchemar paradisiaque, Nora Arnezeder (Niki, Angélique, La colonie…) signe une prestation remarquable et porte ce rôle à bout de bras dans la peau de Nina, accompagnée par la chevronnée Maria Bello, convaincante malgré un temps de présence limité. Ecrit par Karine Silla, le film puise sa force dans un récit aisément construit, oscillant habilement entre thriller, drame personnel et juridique.

Entre terreur sous les tropiques et instinct de survie, on est séduit par l’envers du décor de cet enfer édénique nimbé de lumière et de sable chaud. Il nous rappelle combien les droits et les libertés des femmes sont encore fragiles, menacés, face à une société que l’on croit en pleine mutation. Heureusement, des films tels que Hell In Paradise, majoritairement féminins dans sa création, sont un rappel à ce que doit être la liberté et l’égalité dans tous les domaines… et le monde.

Par Rémi VALLIER

|Copyright Europacorp

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L’OEUF DE L’ANGE (2025) – Critique

L’OEUF DE L’ANGE (2025) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur le film

L’OEUF DE L’ANGE

L’Œuf de l’Ange – Une oeuvre qui résiste au temps

Il existe des films qui ne vieillissent pas. Pas parce qu’ils sont intemporels, non : parce qu’ils semblent venir d’un autre temps, d’un ailleurs que le nôtre. L’Œuf de l’Ange de Mamoru Oshii est de ceux-là. Quarante ans après sa sortie, le film revient en salles dans une version 4K restaurée, et l’expérience reste aussi troublante qu’à l’origine : un voyage onirique, lent, hypnotique, où chaque image semble suspendue entre le sacré et l’oubli. Son format est sans concession, perdra surement des spectateurs en cours de route mais emportera les autres dans un cauchemar étrangement attirant.

Un film fantôme

Sorti en 1985 sous forme d’OVA, L’Œuf de l’Ange (Tenshi no Tamago) est une œuvre à part dans la filmographie de Mamoru Oshii. Avant Ghost in the Shell, avant Patlabor, il signe ici un objet presque muet, d’une densité métaphysique rare. Le scénario ? Une jeune fille erre dans un monde dévasté, portant un œuf mystérieux. Sa rencontre avec un soldat venu d’ailleurs déclenche un échange énigmatique, où chaque geste, chaque silence, semble chargé de symboles bibliques et existentiels.

Oshii, à l’époque, s’éloigne volontairement des codes de l’animation japonaise. Pas de narration claire, pas de climax, pas d’humour ni de pathos facile. Juste une succession de visions glacées, construites avec un sens du cadre et de la lumière qui évoque Tarkovski autant que Dreyer. La lenteur n’est pas une coquetterie : elle oblige à regarder autrement, à ressentir plutôt qu’à comprendre.

 

À savoir
  • Un film presque muet : L’Œuf de l’Ange ne contient qu’une vingtaine de répliques en 70 minutes.
  • Une collaboration mythique : Yoshitaka Amano, alors illustrateur mythique des premiers épisodes de la saga Final Fantasy, signe ici ses premiers décors pour le cinéma.
  • Une restauration d’exception : Les négatifs 35 mm ont été restaurés image par image, et le son a été remixé en Dolby Atmos.
Amano, peintre des ténèbres

La direction artistique de Yoshitaka Amano est centrale dans la puissance évocatrice du film. Ses décors monochromes, ses architectures démesurées, ses personnages aux visages diaphanes construisent un univers à la fois spirituel et charnel. Chaque plan semble suspendu dans le temps, comme une peinture religieuse plongée dans l’eau. Le film ne compte qu’environ 400 coupes — trois fois moins qu’un long métrage classique. La caméra, immobile ou d’une lenteur méditative, transforme chaque scène en tableau vivant. Dans ce monde noyé de brume, la lumière devient un langage, l’eau un miroir, et le silence une prière. Cette direction artistique si particulière fait de L’Œuf de l’Ange non pas un film à regarder, mais une expérience à vivre. On en sort vidé et rempli, avec le sentiment d’avoir touché quelque chose d’indicible.

La restauration, un acte de foi

La ressortie 4K, supervisée par Oshii lui-même, redonne au film toute sa splendeur. Les négatifs ont été restaurés avec une minutie quasi archéologique, et le son — initialement mono — a été entièrement remixé en 5.1 et Dolby Atmos. Résultat : la musique de Yoshihiro Kanno, minimaliste et spectrale, retrouve une ampleur liturgique. Le moindre frôlement d’eau, la plus ténue des respirations, semblent habiter l’espace du spectateur.

Pourquoi ce film résiste-t-il au temps ?

L’Œuf de l’Ange n’est pas un film facile. Sa lenteur, son absence de repères narratifs, son symbolisme opaque peuvent désarçonner. Mais c’est précisément dans cette exigence que réside sa beauté : Oshii ne cherche pas à expliquer, il montre. Il laisse le spectateur errer, se perdre, puis peut-être se retrouver dans l’écho d’un souvenir ou d’une peur enfouie. Ce voyage sans concession s’adresse à ceux qui acceptent de suspendre le temps, de se laisser happer. On en sort avec le sentiment d’avoir touché à quelque chose de rare : la mélancolie d’un monde englouti, la nostalgie d’une foi éteinte.

En conclusion

Cette ressortie 4K confirme ce que les amateurs savaient déjà : L’Œuf de l’Ange est un monument secret, un jalon essentiel de l’animation d’auteur. Un film qui ne parle pas au cerveau, mais à l’âme. Quarante ans plus tard, il garde sa puissance hypnotique intacte. Une œuvre à redécouvrir, à contempler, à méditer — dans le silence d’une salle obscure

Merci, donc, d’avoir redonné vie à ce rêve.

 Par Gregory CAUMES

|Copyright Mamoru Oshii/Yoshitaka Amano/Tokuma Shoten, Tokuma Japan Communications All Rights Reserved

NOTRE NOTE

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REGRETTING YOU (2025) – Critique

REGRETTING YOU (2025) – Critique

Fiche technique :

Notre avis sur le film

REGRETTING YOU

Regretting You : Après It End With Us et ses nombreuses polémiques, le phénomène littéraire Colleen Hoover continue sur sa lancée en adaptant de nouveau au cinéma  un de ces romans les plus populaires : Regretting You.

Cette fois-ci, on espère que la toute nouvelle adaptation de la romancière à succès n’écopera pas d’une mauvaise presse post-production qui avait, en grande partie, entacher la promotion de son prédécesseur. Réalisé par Josh Boone,  connu entre autre pour son adaptation réussie de Nos étoiles contraires, l’autrice semble avoir trouvé un réalisateur capable de porter à l’écran son univers et les maux de ses personnages en papier. Le film aborde sans détour la question du deuil, de la compréhension et du pardon face aux actes incompris des êtres disparus brutalement.

Mckenna Grace, la vraie star du film

Aperçue dernièrement dans différentes productions – de The Handmaid’s Tale en passant par A Friend of the Family ou encore S.O.S. Fantômes : La Menace de glaceMckenna Grace continue lentement mais sûrement de grimper l’échelle fragile d’Hollywood, prouvant une fois de plus un talent inné d’actrice. Si le choix du reste du casting est discutable, on peine cependant à voir un Dave Franco pas du tout convaincant. Allison Williams s’avère elle aussi bien moins convaincante et inspirée par ce rôle de mère au foyer bouleversée par les événements et qui se (re)découvre tardivement. Mention spéciale au jeune acteur Mason Thames épaulant sans difficulté sa partenaire de jeu à l’écran.

Une réalisation plus proche de la comédie que du drame

Entre romance adolescente, drames personnels et familial où les non-dits et le deuil n’aident pas, le film puise toute son énergie dans la lumière de ses scènes et ses couleurs réconfortantes. Si certains passages montrent des moments plus intenses et dramatiques, ce sont celles plus légères et drôles où le film réussi à puiser sa force. La difficulté des rapports entre Clara et sa mère sont partiellement montrées à l’écran tandis que sa relation avec Miller est mieux exploité et davantage mis en valeur.

La nouvelle Nicholas Sparks féminine peut se tranquilliser : Regretting You reste cependant une bonne adaptation littéraire au cinéma malgré le manque de profondeur des thèmes difficiles abordés. Perdu entre la romance des jeunes et celle ancienne des plus adultes, la difficulté de pardonner quand les actes de nos êtres les plus chers nous trahissent sèment l’incompréhension, le film joue maladroitement sur deux tableaux : celui de faire rire et/ou de faire pleurer.

Par Rémi VALLIER

|Copyright Paramount Pictures

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