Dans un petit coin d'Australie, d'Adrian Chiarella explore avec audace la découverte de la sexualité au sein d'un environnement hostile. Entre une romance adolescente poignante et une critique acerbe de l'homophobie, le film tisse une toile d'angoisse où le surnaturel vient renforcer la violence des interdits. Avec une mise en scène soignée et des performances touchantes, ce premier long métrage promet une expérience cinématographique captivante, même si quelques zones d'ombre laissent le spectateur sur sa faim.
Bande-annonce
SYNOPSIS
Dans une petite ville australienne, Naim et Ryan découvrent leur attirance l’un pour l’autre au sein d’un environnement qui les condamne. À cette hostilité s’ajoute une menace troublante : ce qui les poursuit peut emprunter le visage du garçon qu’ils aiment. Comment se rapprocher lorsque ce même visage inspire aussi la peur ?
CRITIQUE
Les bons films d’horreur savent trouver dans les angoisses de nos sociétés de quoi alimenter leurs propos. Avec Leviticus, Adrian Chiarella s’intéresse à la découverte de la sexualité, aux interdits qui l’entourent et à la violence exercée sur ceux qui ne s’y conforment pas. Le fantastique donne à ces questions une traduction particulièrement inquiétante. Le film réussit ainsi à faire exister ensemble une histoire d’amour adolescente, un regard sur l’homophobie et un suspense qui nous tient jusqu’au bout.
Ce qui fonctionne d’abord, c’est l’attention portée aux garçons et, plus largement, à la sexualité. Cette question est d’ailleurs posée dès l’introduction du film. La peur d’être découvert est immédiatement installée, au point que l’on pourrait croire qu’elle sera le cœur du récit. Elle ouvre pourtant sur une menace plus large, où le surnaturel vient prolonger la violence des interdits. Quant à la communauté qui les entoure, ses réactions montrent très vite à quel point elle peut être dangereuse pour eux.
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Chiarella explique avoir nourri son récit de recherches sur les « thérapies de conversion ». Le sujet est présent dès le départ, et il est bienvenu de le remettre en avant : ces pratiques continuent malheureusement d’exister et doivent être condamnées. Le film trouve dans cette violence bien réelle de quoi nourrir son horreur. À plusieurs reprises, les comportements des adultes sont aussi angoissants que ce qui semble échapper à toute explication rationnelle. Le trouble vient de cette proximité : il devient difficile de trouver un endroit, ou une personne, auprès de qui se sentir en sécurité.
Il s’agit du premier long métrage du cinéaste australien, qui avait notamment signé les courts Touch (2014), Black Lips (2018) et Dwarf Planet (2021). Sa réalisation montre déjà une belle assurance. Leviticus possède une identité visuelle affirmée, avec cette petite ville industrielle dont l’austérité pèse sur le récit. Le cadre, l’atmosphère et la place donnée aux personnages contribuent à une tension constante. On sent une mise en scène précise, capable de donner à cette histoire sa propre personnalité.
Joe Bird, remarqué dans La Main, et Stacy Clausen sont très convaincants. Leur relation donne au film sa force émotionnelle : pour que le danger nous atteigne, il faut d’abord croire à ce qui les rapproche. C’est le cas ici. Les moments de tendresse trouvent leur place au milieu de l’inquiétude et rendent leur situation d’autant plus éprouvante. Autour d’eux, la distribution, qui compte notamment Mia Wasikowska, est également très solide.
L’histoire nous laisse découvrir progressivement les règles de sa menace. Cette progression entretient l’attention, tout comme l’incertitude sur la forme que peut prendre le danger. On aurait toutefois aimé en apprendre un peu davantage sur le fonctionnement de cet univers. Certaines questions restent ouvertes et laissent une légère frustration. Mais cette part d’inconnu participe aussi à l’efficacité du film : expliquer davantage aurait pu atténuer une angoisse qui repose précisément sur notre difficulté à tout comprendre.
Avec ses 1 h 28, Leviticus passe vite. Le récit conserve son élan et l’intérêt ne retombe pas. On en sort avec le sentiment d’une proposition réussie, tout en regrettant qu’elle ne nous ait pas donné un peu plus de temps pour en explorer les contours.
EN CONCLUSION
Leviticus mêle avec intelligence la découverte du désir, le poids des tabous et le surnaturel. Ses interprètes convaincants et sa mise en scène à l’esthétique affirmée donnent une vraie force à cette histoire, où la menace humaine demeure tout aussi inquiétante que le surnaturel. Malgré quelques questions que l’on aurait aimé voir approfondies, on vous recommande ce film pour son regard sur la société, son suspense horrifique et sa personnalité artistique.
★★
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À la croisée des chemins entre l'amour et la perte, In Waves de Phuong Mai Nguyen s'impose comme une œuvre d'animation bouleversante, adaptée de la bande dessinée autobiographique d'AJ Dungo. Avec une direction artistique éblouissante et une narration empreinte de sensibilité, le film explore la fragilité de la vie tout en célébrant la beauté des moments partagés. Préparez-vous à un voyage émotionnel qui pourrait bien vous inciter à chérir davantage ceux qui vous entourent.
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