Fiche technique :

  • Date de sortie : 4 février 2026 
  • De : Thomas Balmès
  • Avec : /
  • Genre : Documentaire
  • Durée : 1h20

Notre avis sur le film

À DEMAIN SUR LA LUNE

Présentation :

À demain sur la Lune, le dernier documentaire de Thomas Balmès, est un film qui vous prend aux tripes dès les premières minutes. Tourné sur deux ans dans l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Calais, il nous immerge dans un univers où la vie et la mort se côtoient au quotidien. Mais ce qui rend ce film si particulier, c’est Peyo, un cheval qui, contre toute attente, semble pressentir quels patients ont le plus besoin de sa présence. Pas de mise en scène tape-à-l’œil ici : juste des rencontres, des regards, et une étrange complicité entre l’animal et ceux qui savent leur temps compté.

Parmi les patients, Amandine marque particulièrement les esprits. Atteinte d’une maladie incurable, elle accepte d’être filmée, non par exhibitionnisme, mais pour laisser une trace à ses enfants. Son histoire, filmée avec une pudeur rare, soulève une question qui nous concerne tous : comment vivre quand on sait que la fin est proche ? Comment transformer l’inéluctable en quelque chose de presque apaisant ?

Thomas Balmès, qui signe à la fois la réalisation et l’image, confirme avec ce film son talent pour capter l’humain dans ce qu’il a de plus fragile. Pas de grands discours, pas de pathos forcé : juste des instants volés, des silences éloquents, et une bande-son signée Guillaume Poncelet qui enveloppe le tout d’une douceur mélancolique. On sort de là avec l’impression d’avoir partagé bien plus qu’un simple documentaire – une expérience, presque.

Critique

À demain sur la Lune n’est pas un film qu’on oublie, il va vous toucher et longtemps vous habiter. Pas parce qu’il cherche à nous faire pleurer à tout prix, mais parce qu’il nous oblige à regarder en face ce que notre société préfère ignorer : la fin de vie, avec ses peurs, ses non-dits, mais aussi ses moments de grâce inattendus.

Ce qui frappe d’abord, c’est l’absence totale de voyeurisme. Le ralisateur ne juge pas, n’explique pas. Il se contente d’être là, avec les patients, leurs familles, les soignants. Pas de voix off, pas d’experts pour nous dire quoi penser. Juste des visages, des mains qui se serrent, des larmes qui coulent sans qu’on sache toujours pourquoi. Et c’est justement cette retenue qui rend le film si puissant.

Peyo, le cheval, pourrait passer pour un gadget. Pourtant, sa présence change tout. Sans un mot, il incarne ce que les humains peinent parfois à exprimer : une forme de tendresse brute, une écoute sans attente. Le film ne cherche pas à rationaliser ce lien mystérieux. Il le montre, simplement, et c’est bien plus fort que n’importe quel commentaire.

Mais ce qui élève À demain sur la Lune au-dessus des autres documentaires sur le sujet, c’est sa dimension cinématographique. Le réalisateur filtre la réalité à travers un regard d’artiste : des lumières douces, des plans serrés sur des détails (une main qui caresse une crinière, un sourire fugace), une photographie qui transforme l’hôpital en un lieu à la fois réel et onirique. On est loin du reportage chirurgical ou du misérabilisme facile. Ici, chaque image compte, chaque silence a son poids.

Le montage, signé Alex Cardon, est un modèle du genre : ni trop lent, ni trop rapide, il épouse le rythme des personnes filmées. On prend le temps. On respire. On se laisse porter. Et c’est dans ces moments de flottement que le film nous touche le plus, nous forçant à nous interroger : et moi, comment j’affronterais ça ? Comment j’accompagnerais un proche ? Comment je vivrais mes derniers jours ?

En conclusion

Dans une époque où la mort est souvent cachée voir aseptisée, À demain sur la Lune ose la regarder en face, sans fard mais sans désespoir. Il rappelle que la fin de vie n’est pas qu’une question médicale, mais une aventure profondément humaine, faite de peurs, de rires, de colères et, parfois, de paix. Thomas Balmès remet finalement l’humain au centre de la question du soin, et c’est pour cela que son œuvre est aussi puissante.

Un documentaire indispensable. Pas seulement pour ceux qui s’intéressent aux soins palliatifs, mais pour quiconque a déjà aimé, perdu, ou simplement réfléchi à ce que signifie « bien mourir ». À voir absolument – et à méditer longtemps après.

 Par Gregory CAUMES

Copyright moviexchange / Bluestone Entertainment / Sony Pictures

NOTRE NOTE

BANDE-ANNONCE :