Fiche technique :
- Date de sortie : 28 janvier 2026
- De : James Vanderbilt
- Avec : Russell Crowe, Rami Malek, Richard E. Grant
- Genre : Drame, Historique
- Durée : 2h28
Notre avis sur le film
NUREMBERG
NUREMBERG, le dernier film de James Vanderbilt, plonge le spectateur dans l’un des moments les plus marquants du XXᵉ siècle : le procès des dignitaires nazis après la Seconde Guerre mondiale. Mais attention, ce n’est pas un simple film de tribunal. Ici, on suit deux histoires en parallèle : d’un côté, la création du Tribunal militaire international de Nuremberg, porté par le procureur américain Robert H. Jackson, qui doit inventer un cadre juridique pour juger des crimes contre l’humanité ; de l’autre, le travail du psychiatre Douglas Kelley, chargé d’évaluer la santé mentale des accusés, dont Hermann Göring, l’un des principaux lieutenants d’Hitler.
Adapté du livre The Nazi and the Psychiatrist de Jack El-Hai, le film explore une question glaçante : le mal absolu est-il l’œuvre de monstres, ou peut-il être commis par des hommes intelligents, rationnels, voire charismatiques ? Avec Russell Crowe, Rami Malek et Michael Shannon en tête d’affiche, Nuremberg mise sur une approche rigoureuse, mais accessible, pour raconter cette page d’Histoire sans tomber dans le jargon ou le didactisme pesant.
Un film historique exigeant, mais captivant
D’entrée de jeu, Nuremberg impressionne par sa sobriété. James Vanderbilt opte pour une mise en scène épurée, presque minimaliste, mais d’une précision chirurgicale. Pas de grands effets, pas de scènes spectaculaires inutiles : le réalisateur laisse l’Histoire parler d’elle-même, et c’est justement ce qui rend le film si puissant. On sent que chaque détail a été pensé pour servir le propos, sans jamais alourdir le récit.
Le plus remarquable, c’est la façon dont le film rend passionnant un sujet aussi complexe. Entre enjeux juridiques, tensions politiques et analyses psychologiques, Nuremberg parvient à tout expliquer sans donner l’impression de faire la leçon. Le spectateur suit les débats, comprend les défis de la création du tribunal, et se retrouve immergé dans une époque charnière, où le droit international se réinvente sous nos yeux.
Le cœur du film réside dans la confrontation entre Douglas Kelley et Hermann Göring. Ces face-à-face, à la fois intellectuels et moraux, donnent une profondeur rare au récit. Le film ne cherche pas à excuser Göring, mais il ne le réduit pas non plus à une caricature de « monstre ». Au contraire, il explore une idée dérangeante : et si le pire pouvait être commis par des hommes ordinaires, intelligents, voire séduisants ? Une question qui résonne étrangement avec notre époque.
Russell Crowe est bluffant dans le rôle de Göring : charismatique, manipulateur, mais jamais grotesque, il incarne parfaitement ce personnage sombre et immonde de l’histoire humaine. Rami Malek, en psychiatre confronté à l’horreur, incarne parfaitement la curiosité intellectuelle qui se transforme peu à peu en prise de conscience morale. Quant à Michael Shannon, il apporte une gravité nécessaire au rôle de Robert H. Jackson, ancrant le film dans sa dimension judiciaire.
Les scènes de procès sont particulièrement bien mises en scène. Vanderbilt utilise des plans larges, presque théâtraux, qui renforcent l’impression d’assister à un moment historique en direct. Le montage, fluide et précis, évite toute lourdeur malgré les 2h28 du film, et la reconstitution des décors est si crédible qu’on en oublie presque qu’il s’agit d’une fiction.
En conclusion
Nuremberg est un film exigeant, mais jamais ennuyeux. Il ne cherche pas à imposer une morale, mais à faire réfléchir. À une époque où l’oubli et la désinformation menacent, ce film rappelle que la justice internationale repose sur des choix humains, fragiles mais indispensables.
Le film réussit à nous démontrer que le mal absolue existe dans l’humanité, que l’horreur n’est jamais vaincue et qu’il doit être combattu au quotidien
Un grand film historique, à la fois pédagogique et captivant. À voir absolument pour ceux qui aiment le cinéma intelligent, qui interroge autant qu’il divertit
Par Gregory CAUMES
Copyright moviexchange / Bluestone Entertainment / Sony Pictures
