QUEIMADA (1969)
Dans « Queimada », Gillo Pontecorvo livre une fresque audacieuse sur la colonisation et l'exploitation, portée par la performance inoubliable de Marlon Brando. Ce film, souvent éclipsé par « La bataille d’Alger », s'affirme comme une œuvre essentielle du néo-réalisme italien, alliant un scénario percutant à une réalisation immersive, sublimée par la musique d'Ennio Morricone. Plongez dans cette critique qui révèle pourquoi « Queimada » reste d'une actualité troublante et d'une puissance cinématographique inégalée.
Critique par
Grégory Caumes
Publié le
- Temps de lecture estimé : 4 min de lecture

Avant-Propos :
Cette critique a été faite sur la version de 132 minutes, plus conforme à la vision du réalisateur, et en version italienne, langue originale du film.
Le film d’un cinéaste et d’un acteur principal engagés
Gillo Pontecorvo est un brillant cinéaste italien néo-réaliste dont le cinéma est extrêmement politisé. Marqué par le marxisme, dont il en dénoncera les excès, et l’anticapitalisme, le cinéma de Gillo Pontecorvo est évidemment très politique voire même partisan, comme le démontre son film le plus connu : « La bataille d’Alger ». Il était alors logique qu’il tourne avec Marlon Brando, un acteur de légende lui aussi très marqué politiquement et qui plus tard refusera son oscar pour son interprétation dans le film « Le parrain » pour dénoncer le traitement des natifs américains dans les films.
Au final, les affrontements entre le réalisateur et l’acteur sur le tournage (notamment sur le salaire des acteurs noirs moins payés que les blancs – ce que Brando dénoncera), les conditions climatiques compliquées et le fait d’avoir engagé une grande majorité d’acteurs non professionnels aboutiront certes à un échec commercial mais à une œuvre forte, peut-être même plus aboutie que « La bataille d’Alger ».
Un scénario fort servi par un Marlon Brando d’exception :
Le scénario traite, avec une grande précision, de l’esclavage aux Antilles et le jeu entre les puissances coloniales et les grandes compagnies.
Queimada est une ile colonisée par les Portugais. Ces derniers exploitent des esclaves pour récolter la canne à sucre. Un agent secret britannique (Marlon Brando) va tenter de déstabiliser le pouvoir en place en créant de toute pièce un révolutionnaire, en sélectionnant un simple vendeur d’eau, Jose Dolores. Tout cela dans le seul but d’imposer l’influence britannique et les grandes compagnies qui veulent exploiter la main d’œuvre et le sucre de l’Ile. Il sera aidé dans son œuvre par Teddy Sanchez, métis et chef des riches créoles.
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