LA PASSAGÈRE (2022)
Dans son premier long-métrage, « La Passagère », Héloïse Pelloquet nous plonge dans l'univers tumultueux des marins-pêcheurs à travers le regard de Chiara, brillamment interprétée par Cécile de France. Si le film se distingue par son esthétisme et son audace à aborder une liaison amoureuse entre une femme d'âge mûr et un jeune apprenti, il peine toutefois à créer une véritable alchimie entre ses protagonistes. Entre tendresse et désillusion, cette œuvre explore les méandres d'une passion éphémère, promettant un voyage introspectif au cœur des émotions humaines.
Critique par
Rémi Vallier
Publié le
- Temps de lecture estimé : 3 min de lecture

Pour son premier long-métrage, Héloïse Pelloquet nous embarque comme passager dans l’univers de la mer et du dur métier de marin-pêcheur en compagnie de son héroïne, Chiara, interprétée par la solaire Cécile de France. A l’image de la mer agitée et de ses profonds tourments, le personnage de Chiara va connaître un véritable bouleversement : celle d’un amour, interdit, mais libérateur, avec Maxence, jeune apprenti qu’elle et son mari ont embauché, et qui va envoyer valser dans le flot des vagues toutes ses certitudes.

La Passagère est un beau - et rare - film français où la construction du récit, des dialogues ainsi que sa réalisation sont maîtrisés de bout en bout, même si l’on peut reprocher quelques fois un manque de profondeur dans le développement de ses personnages et de certaines scènes. Mais comme l’indique le titre du film, nous sommes comme à l’instar de son héroïne simplement passager d’une histoire ; celle de Chiara et de Maxence, dont l’âge, le milieu social et la culture les oppose diamétralement.
Rare sont les films où les femmes d’un certain âge sont si bien représentées et vivent une aventure extra-conjugale (ou non) avec un homme plus jeune. Le long-métrage fait à la fois preuve d’ambition, de modernisme, mais surtout de bienveillance sans porter aucun jugement sur les actes de ses personnages (aussi bien masculin que féminin). C’est ce qui fait en grande partie toute la force du film, en plus du caractère naturelle et instinctif de son actrice principale, s’alliant lui aussi parfaitement au récit presque romanesque de cette liaison passagère.

On retrouve dans la réalisation d’Héloïse Pelloquet un certain esthétisme des films français des années 70-80 ainsi qu’une belle photographie qui rend hommage à toutes les nuances de la mer et des îles Atlantiques. En quelques plans seulement, la réalisatrice arrive à nous dépeindre significativement le milieu - encore - très masculin du métier de marin-pêcheur mais aussi la proximité des petites villes marines, son charme familial et les rapports sociétaux complexes qui peuvent en découler.
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