LA NUIT DU 12 (2022)
Dans La Nuit du 12, Dominik Moll nous plonge au cœur d'une enquête policière troublante, où deux inspecteurs tentent de dénouer le mystère d'un féminicide brutal. À travers un récit incisif et une mise en scène sobre, le film interroge les violences faites aux femmes et le regard des hommes sur elles, tout en révélant les tourments intérieurs de ses protagonistes. Une œuvre marquante qui, inspirée d'un fait réel, promet de laisser une empreinte durable dans le paysage cinématographique français.
Critique par
Rémi Vallier
Publié le
- Temps de lecture estimé : 3 min de lecture

Bande-annonce
Dominik Moll nous plonge dans les affres d’une enquête non résolue à travers le regard de deux inspecteurs de la Police Judiciaire en charge de l’affaire. Entre frustrations, tourments et remises en cause, La Nuit du 12 apporte un regard neuf, incisif et pose les bonnes questions sur le féminicide et le juste rapport des hommes envers les femmes dans une époque toujours aussi incertaine.
Une réussite totale de bout en bout qui confirme une fois de plus tout le talent du cinéaste dans l’art de la maitrise de sujet délicat.
Clara, à peine vingt ans, est retrouvée morte dans un parc, brûlée vive. Acte barbare, sauvage et inhumain dont le mystère s’épaissis un peu plus à mesure que l’enquête régresse. Le capitaine Yohan (Bastien Bouillon) et son partenaire Marceau (Bouli Lanners) peinent à trouver des indices et des preuves, l’étau se resserrant un peu plus sur l’entourage masculin que la victime fréquentait. De petit ami à sex-friend, tous sont susceptibles d’avoir pu commettre un tel crime. Mais il n’en est rien. Habilement mené par la cohérence de son montage et de son scénario, c’est au détour d’une conversation entre l’inspecteur et la meilleure amie de la victime, pivot centrale amorçant la deuxième partie du film, que l’enquête prend un nouveau tournant, dégageant la vision brumé de Yohan, de plus en plus tourmenté par cette affaire qui le dévore à petit feu.
Le film démontre à beaucoup d’égard et d’une réalité déconcertante, si ce n’est même glaçante, la violence encore omniprésente faites aux femmes. De sa banalisation totale dans une société régis par les hommes qui sont eux mêmes, pour la plupart, acteurs de cette animosité encore ancrée. Que ce soit dans le portrait de ses potentiels suspects masculins ou bien au sein de la PJ qui est composée majoritairement d’hommes, les mentalités et le regard portés sur les femmes restent encore très archaïques. Malgré cela, tempère et offre des réflexions intenses par les second rôles féminins qui accompagnent Yohan dans la résolution du meurtre de Clara afin de montrer qu’il est encore possible de changer notre vision des choses pour pouvoir réellement apporter un changement nécessaire.
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