JULIE EN 12 CHAPITRES (2021)
Dans « Julie en 12 chapitres », Joachim Trier dresse le portrait d'une jeune femme en quête d'identité, oscillant entre désirs éphémères et aspirations profondes. À travers une mise en scène délicate et une narration envoûtante, le réalisateur explore les tourments d'une génération en proie à l'incertitude, incarnée par une Renate Reinsve lumineuse. Ce film, à la fois doux et amer, interroge notre rapport au temps et à la quête de soi, promettant une réflexion poignante sur les choix de vie et les leçons du passé.
Critique par
Rémi Vallier
Publié le
- Temps de lecture estimé : 4 min de lecture

Julie ou les tourments d’une jeune femme de son époque
Dès les premières minutes de son film, baptisé sobrement Prologue, Joachim Trier dresse le portrait d’une jeune adulte moderne qui peine à savoir ce qu’elle veut vraiment faire de sa vie. A la manière d’une girouette, sans jamais s’arrêter, Julie remet sans cesse en cause ses désirs, ses envies, ses projets avec cette sensation étrange d’en attendre toujours plus sans qu’il ne se passe rien. Que ce soit dans ses études, son métier ou plus particulièrement ses relations amoureuses, Julie est incapable d’aller au bout des choses, se lasse vite et préfère renouveler volontairement ces sensations euphorisantes des premières fois, celle où tout est beau, tout est rose, tout est nouveau. C’est alors qu’elle rencontre Aksel, de quinze ans son ainé, auteur reconnu de bande dessiné. Avec lui, Julie trouve une certaine stabilité qu’elle ne connaissait pas et semble s’épanouir pleinement dans cette relation plus adulte. Mais viens inévitablement les questions que chaque couple se pose au bout d’un certain temps de relation : les enfants, les projets d’avenir commun. Pour Julie, ces questions-là ne sont que de l’incertitude en plus à rajouter dans sa vie, elle qui est un esprit libéré, avide de liberté. Lors de la soirée de lancement de la nouvelle BD d’Aksel, Julie s’éclipse discrètement, mélancolique, erre dans la rue et finit par s’incruster dans une soirée célébrant un mariage où elle fera la rencontre du beau Eivind dont l’alchimie est immédiate, résonnant comme un appel au secours. Cette nouvelle rencontre redonne une fois de plus à Julie le prétexte de tout détruire pour tout reconstruire, ailleurs et toujours dans l’attente constante de quelque chose qui n’arrivera pas.
Une réalisation aérienne, une structure scénaristique et une mise en scène soignée,
Joachim Trier signe ici une réalisation légère, surfant presque sur la comédie romantique à certain moment mais qui n’oublie pas, pour notre plus grand plaisir, de nous régaler de quelques scènes mémorables, magnifiquement mises en scène. A la manière d’une héroïne de BD qui court pour remonter le temps, le réalisateur sublime cet instant de grâce entre deux amants qui se retrouvent pour échanger, à l’ombre du temps suspendu, leur premier baiser. Une jolie façon de romantiser ce dernier pour donner l’illusion d’un moment parfait et romanesque digne d’un grand roman d’amour.
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