JEANNE DU BARRY (2023)
Révélée en ouverture du 76e Festival de Cannes, Jeanne Du Barry de Maïwenn s'affirme comme une exploration audacieuse de l'amour et de l'ambition au sein des fastes de Versailles. Porté par des performances poignantes, notamment celle de Johnny Depp dans le rôle de Louis XV, le film mêle modernité et classicisme tout en bousculant les conventions du biopic historique. Entre tendresse et critique sociale, cette œuvre nous invite à redécouvrir une figure féminine emblématique, dont le destin tragique résonne encore aujourd'hui.
Critique par
Rémi Vallier
Publié le
- Temps de lecture estimé : 4 min de lecture

Bande-annonce
Présenté en ouverture « hors compétition » au 76e Festival de Cannes, Jeanne Du Barry, co-écrit et réalisé par Maïwenn, avait de quoi intriguer, suscitant ce doux parfum de scandale dont les médias et leurs vantardises excessives de polémiquer, sont friands.
Pourtant, malgré toutes cette mauvaise presse - parfois injustifiée - et en dépit de toutes ces controverses extérieures qui nous obligent aujourd’hui à être lisses et bien-pensants dans nos actions et nos pensées, Jeanne Du Barry arrivait à point nommé. L’histoire, c’est celle de Jeanne Vaubernier, fille du peuple, qui veut s’élever socialement et qui finira par connaître une ascension fulgurante au sein de Versailles comme Favorite officielle du Roi. Mais plus que tout, le long-métrage se concentre sur son histoire d’amour avec Louis XV, permettant ainsi de comprendre tous les enjeux de son évolution sociale au sein de la Cour, où les us et coutumes oppressantes de la monarchie appellent à l’hypocrisie générale. Le film parle, avec une tendresse inattendue et beaucoup d’humilité, d’une rencontre, celle inévitable. Et celui d’un coup de foudre, presque immédiat.

En s’appropriant personnellement le personnage historique de Jeanne Du Barry, la réalisatrice construit son récit comme un douloureux miroir d’une trajectoire commune, cernant au mieux les contours de cette femme moderne, courageuse et avide de s’élever, qui fut le plus grand rejet de la Cour. On peut très facilement lui reprocher un académisme assumé dans sa réalisation, sans révolutionner le genre du film d’époque. Néanmoins, il fait preuve de modernisme et de fantaisie qui s’accorde volontiers au genre donné. C’est un film d’un autre temps, aux dialogues contemporains, surfant sur le biopic, mais dont son appropriation personnelle se confond pour devenir une oeuvre à l’image de sa cinéaste : délibérément sauvage, sensuelle et fantasmagorique. Il faut se départir de tout événement politique (Dieu merci !) ou contextuel afin d’apprécier au mieux ce qui se déroule sous nos yeux : celui du destin de cette jeune-femme courtisane, partie de rien et dont la trajectoire va soudain l’emmener à la Royauté et à cet amour inespéré. La manière dont est justement représenté à l’écran cet amour unissant Jeanne et Louis XV est parfaitement maîtrisée. Cela en est presque douloureux de les voir se séparer, car cet attachement profond l’un envers l’autre est palpable par sa remarquable mise en scène.
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