Jamais Plus - Critique de l'adaptation de Colleen Hoover | La Minute Ciné
Film
JAMAIS PLUS (2024)
Révélée par un phénomène littéraire, Jamais Plus (ou It Ends With Us) s'attaque avec audace à des thèmes complexes tels que la violence conjugale et la résilience féminine. Bien que le film de Justin Baldoni ne soit pas exempt de défauts, il réussit à offrir une adaptation sincère et nuancée de l'œuvre de Colleen Hoover, portée par des performances poignantes, notamment celle de Blake Lively. Plongez dans cette exploration délicate des relations humaines, où l'amour et la douleur s'entrelacent, et découvrez comment le film parvient à transcender les clichés souvent associés aux romances contemporaines.
Avant même d’être une énième adaptation, Plus jamais – en V.O. It End With Us – est un phénomène littéraire écrit par Colleen Hoover, auteure de Romance populaire et de Young Adult, paru pour la première fois aux Etats-Unis en 2016. Malgré toute sa mauvaise presse et sa promotion chaotique, Plus jamais n’est pas un mauvais film mais bien une œuvre fidèlement adapté subissant, à l’image de son héroïne, la violence d’une société polluée par des idées préconçues qui n’invitent plus les gens à réfléchir par eux-mêmes mais à penser comme les autres.
Traumatisée dès l’enfance par un père violent, Lily Bloom part s’installer à Boston afin de réaliser son rêve : ouvrir sa propre boutique de fleurs. Le hasard du destin fait qu’elle rencontre Ryle, un brillant et charismatique neurochirurgien avec qui elle entame une connexion très forte. Mais alors que leur relation prend une tournure plus sérieuse et intense, Lily entrevoit chez cet amant passionné des similitudes avec son défunt père. Perdue et confuse, son premier amour de jeunesse, Atlas, refait également surface dans sa vie, compliquant un peu plus le terrible choix qu’elle doit faire pour ne plus endurer ce que sa mère a subis durant de nombreuses années.
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Une réalisation solide et un casting plus que convaincant
Avec Plus jamais, Justin Baldoni signe ici son 3ème long-métrage en tant que réalisateur. En 2019 et 2020, il réalisa A deux mètres de toi et Cloud, deux films qui portent sur l’adolescence et la maladie. L’acteur n’en est pas à son premier coup d’essai et cela s’en ressent : la réalisation est propre, sans être toutefois révolutionnaire, ses couleurs chaudes et automnales rappellent aussi bien la douceur caractérielle de son héroïne que la couleur de ses cheveux, libre et sauvage. Certaines idées de mises en scène sont bonnes, même si on reste finalement dans un esprit assez rom-com, et son casting arrive parfaitement à convaincre avec des prestations très fortes et engagées. Blake Lively insuffle au personnage de Lily Bloom de la profondeur et une sincérité désarmante. Justin Baldoni, en plus de la réalisation, campe le rôle de Ryle, jouant sur son charisme et sa plastique parfaite. Néanmoins, le rôle l’exigeant, l’acteur parvient parfaitement à maîtriser le bon comme le mauvais de son personnage avec des expressions très soulignés lorsqu’il perd le contrôle de ses émotions. Seule ombre au tableau : l’utilisation à outrance de musiques indépendantes (parfois ringarde et larmoyante) qui ne sont pas forcément utiles et qui gâchent la magie de certaines scènes.
Un film qui ne romantise absolument pas la violence conjugale
Malgré l’aspect romantique et doux que porte le film, il ne romantise aucunement la violence conjugale. Alors oui, la relation entre Lily et Ryle débute par une histoire d’amour et C’EST une histoire d’amour, comme toutes les relations naissantes entre deux individus qui se lient. La violence, bien qu’exprimée au début du film, n’arrive que plus tardivement au sein du couple, à mesure que leur relation évolue et c’est là où le film fait preuve d’ingéniosité : ces scènes de violence se transfigurent à la caméra comme des accidents domestique, accentuant toute la barrière mentale du personnage de Lily a fantasmé l’idée que ces accidents se sont produit de manière totalement involontaire et non par Ryle. Mécanisme de défense ou manière bien plus concrète de se voiler la face quand on prend conscience que l’être que l’on aime le plus au monde est finalement celui qui nous fait le plus de mal.
L’œuvre ne cherche pas non plus à défendre ni à diaboliser à tout prix son personnage masculin à l’emprise toxique, mais au contraire à l’humaniser, à donner un contexte à cette violence et à ce que la colère peut représenter quand elle nous dépasse totalement. Après tout, dans la vie, tout n’est pas blanc et tout n’est pas noir. Il faut apprendre à savoir nuancer, chose que les médias d’aujourd’hui semblent avoir complètement occulté.
En parallèle, le film exploite la relation passée de Lily avec Atlas, son amour de jeunesse, qui a laissé à la jeune femme un souvenir indélébile. Ces sauts dans le temps permettent de créer un équilibre et donne un peu de légèreté et de rythme à un récit qui a parfois du mal à trouver sa cadence.
Jamais Plus – It End With Us est une adaptation intéressante mais qui aura malheureusement subi l’incompréhension générale des critiques – très faciles et trop paresseuses de devoir réfléchir au véritable sens véhiculé par le film. Sa promotion ratée et les quiproquos tendus entre les deux stars du film – petits jeux perpétuel qui font les choux gras de la presse et du public – ternissent malheureusement l’image de ce jolie long-métrage sans prétention, dont le but est de raconter une histoire touchante basée sur le propre vécue de l’autrice.
Film
WOMAN AND CHILD (2026)
Note : 4 sur 5 étoiles★★★★★★★★★★
Dans Woman and Child, Saeed Roustaee s'attaque à la tragédie intime d'une mère iranienne, confrontée à un système oppressif et à des violences quotidiennes. Avec une mise en scène poignante et une écriture d'une finesse redoutable, le film transcende le simple drame familial pour offrir une réflexion profonde sur la condition féminine et les injustices sociétales. Plongez dans cette œuvre audacieuse qui, loin des slogans, révèle la complexité des relations humaines et l'impact d'un drame sur l'âme collective.
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